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Niort-voirsavilleautrement par Chris M.

"La ville ne dit pas son passé, elle le possède pareil aux lignes d'une main, inscrit au coin des rues, dans les grilles des fenêtres, sur les rampes des escaliers, les paratonnerres, les hampes des drapeaux, sur tout segment marqué à son tour de griffes, dentelures, entailles, virgules..." Bruce Bregout

5-C Les Halles

HALLES BALTARD

Site classé, ce temple de la gourmandise est une “cathédrale” de fonte, de verre et d’acier édifiée en 1869, dans le style Baltard

L'homme : un architecte humaniste, profondément marqué par l'Italie.

Victor Baltard suit une formation classique aux Beaux Arts. Peinture et architecture. Une formation globale qu'il appliquera ensuite à ses réalisations, en cherchant toujours à allier technique et esthétisme.

Mettre un peu de poésie dans chaque bâtiment : que ce soit pour les églises dont il s'occupera plus tard, ou pour les Halles. C'est un marché populaire, certes, mais pourquoi ne pas le rendre beau ? Le peuple n'aurait-il pas droit à la beauté ? Baltard pense le contraire et le prouvera notamment avec la dentelle de fer et de verre des Halles.

Tous les jours de l’année sauf les lundis, le chaland est chaleureusement accueilli par 140 commerçants et producteurs locaux ! Son fronton triangulaire est orné des figures de Mercure, dieu du commerce, des voyages et des voleurs ; et de Cérès, déesse des moissons, assise sur les attributs de l’agriculture (fruits et légumes).

5-C Les Halles
5-C Les Halles

Jadis - en cette période fort lointaine où Rabelais se rendait à Niort pour visiter le monastère des Cordeliers - les halles de Niort étaient connues comme « la plus grande et la plus belle cohue du royaume ». On venait des plaines du Poitou, des vignobles de Saintonge et du plat pays d'Aunis pour se ravitailler, la Sèvre favorisant grandement les échanges commerciaux. C'est au début du xiie siècle que le marché de Niort a été bâti, non pas à l'emplacement que nous connaissons aujourd'hui, mais dans l'actuelle rue Victor-Hugo, où les échoppes, protégées par un toit de tuile, s'étendaient sur plus de 150 mètres de longueur et 60 de largeur. Un espace si dense, si sombre et si surchargé « que les filous s'y glissent aisément, volent sans crainte et se sauvent impunément », notent les rapports de police de l'époque.

Il faudra tout de même attendre 1793 pour que ces halles - jugées insalubres depuis des lustres - soient détruites. Raison invoquée : la nécessaire consolidation des murs de la cité, menacée par l'insurrection vendéenne, et donc la réquisition des pierres et des bois de charpente qui constituaient alors le marché. Un temps installé en plein air, un temps abrité dans l'église Notre-Dame , le marché est remonté en 1802 près de la rue Canon (aujourd'hui Brisson).

Ce lieu qui rassemble bouchers, charcutiers, poissonniers, coquetiers, vendeurs de grains et marchands de cuir se maintiendra jusqu'en 1866, date à laquelle la municipalité décide de bâtir de nouvelles halles. En matière de construction moderne, c'est Victor Baltard, qui, en cette fin de xixe siècle, donne le ton. Avec Durand, l'architecte municipal de Niort, il trouve l'un de ses meilleurs élèves.

Inauguré en août 1871, ce beau bâtiment aurait pu disparaître un siècle plus tard, comme tant d'autres, mais, peut-être grâce à la protection des dieux, il survécut aux vagues de destruction des années 1970 et fut même rénové peu après.

En 1986, la ville - soutenue par la région et le département - entreprit de restaurer les verrières, la couverture en ardoise, les persiennes intérieures, les voûtes, les balustrades... pour un montant de 1,5 million d'euros. De quoi tenir encore un bon siècle !

5-C Les Halles
5-C Les Halles
5-C Les Halles
5-C Les Halles
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